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Situation
de la gravure au XXIème siècle par Joëlle Serve
J'ai créé un
atelier de gravure à Paris en 1975 cela fera bientôt 30 ans : L'atelier
63. Cet atelier pédagogique initie les artistes à toutes les techniques
de la gravure sur métal : eau-forte, aquatinte, vernis mou, pointe sèche,
burin, etc…
Après 10 ans d'atelier, j'ai eu le désir de développer cette activité
en créant une association de graveurs du nom de TRACE, dont la spécificité
est d'avoir une biennale internationale de gravure à Paris. Trace
ayant été créé sur la notion d'échange, nous avons beaucoup exposé à l'étranger
en Chine, aux Etats-Unis, au Québec, en Corée, en Europe.
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Je voudrais, en quelques
mots, soumettre à votre réflexion une idée qui me paraît intéressante
: à savoir, Quelle peut être la place d'un graveur dans la société actuelle
au début du XXIème siècle ? En
effet, il n'y a pas si longtemps, nous les graveurs pouvions passer pour
de véritables dinosaures : consacrer plusieurs dizaines d'heures sur une
plaque de cuivre ou de zinc, avec comme seul moyen d'expression un burin,
quelques gouttes d'acide nitrique, un grattoir, un brunissoir, cela datait
un peu !!! Seulement voilà Internet est arrivé, nous sommes en présence
d'armées d'individus qui travaillent entre 8 à 13 heures devant un écran…
on va parfois jusqu'à les appeler " les nouveaux esclaves "… Or, cet actuel
instrument de travail que l'on ne peut réfuter, pas plus que l'électricité
ou le téléphone, à une époque pas si lointaine, a créé une véritable révolution
dans le rythme profond et intime de l'organisme humain. En effet, il y
a une modification totale des notions d'espace et de temps et cela peut
susciter en nous des traumatismes assez profonds dont nous n'avons pas
encore réellement réalisé la portée par manque de recul...
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